Un mot de l'éditeur
Lauteur qui se cache sous ce pseudonyme élégant est un jeune homme de trente ans qui en paraît beaucoup moins : indien urbain, autodidacte dune intelligence incisive et provocatrice, ce mauvais garçon avoue superbement navoir jamais « travaillé » de sa vie. Lecteur assidu de la Bible et dHomère, Ian Soliane écrit pour le théâtre (une de ses pièces, Le Métèque, a été présentée au théâtre Essaien). La Saigne est son premier roman. Ian Soliane y raconte linitiation dun enfant tueur, laid et cruel. Jeté hors de chez lui à lâge de seize ans, ce héros anonyme ira, tout au long des routes et des villes dun univers fantasmagorique, au bout dune insatiable quête damour qui croise alternativement les hauteurs du mythe et les abîmes de la monstruosité. Au fil des épisodes de ce récit halluciné, se déploient, comme autant de morceaux dun puzzle sans cesse recommencé, une foule daventures, à mi-chemin entre Tolkien et Nietzsche. Paysages et personnages, rencontres et situations, rêves et réalité sentremêlent dans un choc formidable de mots et dimages qui laisse le lecteur pantois : ainsi la version de la Genèse que nous livre Ian Soliane simpose-t-elle dores et déjà comme un morceau danthologie de la littérature dhumour noir (pp.147-152). La fulgurance de ce texte, dans une production romanesque dominée par lintrospection et le nombrilisme, tient à sa manière singulière daffronter les grands thèmes de lexistence et de la littérature (la vie, la mort, lamour, le sexe, lidentité, Dieu...) à travers un vrai souffle épique, une rigueur dimagination peu commune et, pour une fois, sans avoir recours à la psychologie de bazar que ruminent sans fin les romanciers fin de siècle.
Quatrième de couverture
Confession d'un enfant tueur, kaléidoscope pervers d'une incroyable quête d'amour, La Saigne est une odyssée moderne. De personnages hallucinés n paysages hallucinants, on suit lé héros - mi-ange mi-animal -, dans une exploration méticuleuse des tabous du sexe et de la mort. "Ne lis pas ce livre, si tu veux rester tranquille", nous prévient l'auteur. Non sans raison, car la saigne est un art bien particulier, et tout criminel, de sonder les coeurs...