Critique
La pose faussement naturelle (et les très jolis pulls à rayures) de la pochette intronisent quiètement les bases de la légende des Shadows : ces garçons du coin de la rue, dont on imagine l’haleine fraîche, et les manières policées, sont là pour séduire, pas pour choquer.
Accessoirement, The Shadows est le meilleur album de rock instrumental jamais gravé en Grande-Bretagne, un document préparatoire à la déferlante de The Beatles, et une collection de standards à haut pouvoir d’influence sur de futurs grands solistes, tels Eric Clapton ou Jeff Beck.
Tôt affranchis du rôle parfois ingrat de simples accompagnateurs de Cliff Richard, les Shadows délivrent donc un manifeste à la gloire de Hank Marvin, certes soliste lumineux et plénipotentiaire. Mais le bassiste Jet Harris, ou le batteur Tony Meehan (qui s’illustre à satiété dans « See You In My Drums »), ne courent pas très loin derrière.
Pour le reste, « Shadoogie », ou « Nivram » (dont Peter Frampton fera bien plus que s’inspirer pour « Theme From Nivram ») restent des classiques absolus du genre.
Superbement ignoré aux Etats-Unis, The Shadows installera de manière durable la renommée du groupe en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, et en France.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story