Critique
L’illustration du livret représente un mouton et symbolise le sentiment des musiciens du groupe à l’époque : nous étions des esclaves. Le challenge est en effet limpide pour Pearl Jam : offrir à leur premier album (Ten, ou douze millions de copies vendues au compteur), un digne successeur. Et la problématique est commune : après avoir disposé de vingt-cinq années pour préparer leurs sessions initiales, le groupe n’a bénéficié que de quelques mois (et encore, agrémentés d’épuisantes tournées et autres obligations de représentation) pour composer et enregistrer Vs.
Comme souvent en pareil cas, le choix du groupe va donc vers un durcissement du son (sinon de l’inspiration) et un retour à certains fondamentaux du hard/grunge, dont ses musiciens sont les nouveaux petits princes. Si l’on retrouve quelques influences de funk (« Animal ») et deux ballades acoustiques (dont une « Daughter » particulièrement bien troussée), c’est bien de violence, binaire et électrique, dont il s’agit ici.
Quant aux thématiques développées (et servies par la voix de plus en plus haut perchée de Eddie Vedder), elles restent centrées sur des préoccupations sociales voire politiques, avec une prédominance accordée, comme à l’accoutumée, aux violences infligées aux enfants. Et c’est finalement assez agréable de retrouver des multimillionnaires de l’industrie musicale, riches d’une pareille spontanéité punk.
Co-produit par Brendan O’Brien (ex-membre des Georgia Satellites et aux manettes pour Soundgarden et The Black Crowes) et le groupe, Vs atteindra le sommet du classement américain et les singles « Daughter », « Animal », « Go » et « Dissident » connaissent tous une brillante carrière.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Descriptions du produit
VS. & VITALOGY